[PDF] Le jeu de lalternance dans la vie quotidienne des jeunes scolarisés





Previous PDF Next PDF





La participation à la vie quotidienne et au fonctionnement collectif

L'expression et la participation du mineur de ses parents et du jeune majeur Inciter les enfants et les jeunes à s'impliquer dans la vie quotidienne.



LA CULTURE QUOTIDIENNE DES JEUNES

de Common Culture : ce n'est pas la culture légitime mais les consommation de la vie courante qui sont le terreau de la créativité culturelle de la jeunesse 



Laccueil des jeunes entre 14 et 17 ans

LIVRET. > Comment les espaces d'accueil les activités et les temps de vie quotidienne prennent-ils en considération les besoins des jeunes de.



Le jeu de lalternance dans la vie quotidienne des jeunes scolarises

LE JEU DE L'ALTERNANCE DANS LA VIE QUOTIDIENNE DES JEUNES. SCOLARISÉS À DAKAR ET À ZIGUINCHOR (SÉNÉGAL). Variation dans l'usage du français et du wolof.





Le jeu de lalternance dans la vie quotidienne des jeunes scolarisés

dans la vie quotidienne des jeunes scolarisés à Dakar et à Ziguinchor (Sénégal). Variation dans l'usage du français et du wolof.



Acquisition daptitudes à la vie quotidienne

Outre le développement complet des (jeunes) participant·es il a pour but de promouvoir et de développer des aptitudes à la vie quotidienne.



Le jeu de lalternance dans la vie quotidienne des jeunes scolarisés

21 nov. 2013 dans la vie quotidienne des jeunes scolarisés à Dakar et à Ziguinchor (Sénégal). Variation dans l'usage du français et du wolof.



DEVELOPPER LES APTITUDES A LA VIE QUOTIDIENNE CHEZ

la situation des besoins des adolescents et des jeunes tunisiens 2 Aptitudes à la Vie Quotidienne (AVQ) chez les jeunes en Tunisie : état des lieux et ...

Cahiers d'études africaines

163-164 | 2001

Langues

déliées Le jeu de l'alternance dans la vie quotidienne des jeunes scolarisés à Dakar et à Ziguinchor (Sénégal)

Variation dans l'usage du français et du wolof

Language-switching in the Everyday Lives of School Children in Dakar and Ziguinchor (Senegal): Variation on the Use of French and Wolof

Martine

Dreyfus

et

Caroline

Juillard

Édition

électronique

URL : https://journals.openedition.org/etudesafricaines/115

DOI : 10.4000/etudesafricaines.115

ISSN : 1777-5353

Éditeur

Éditions de l'EHESS

Édition

imprimée

Date de publication : 1 janvier 2001

Pagination : 667-696

ISBN : 978-2-7132-1394-6

ISSN : 0008-0055

Référence

électronique

Martine Dreyfus et Caroline Juillard, "

Le jeu de l'alternance dans la vie quotidienne des jeunes scolarisés à Dakar et à Ziguinchor (Sénégal)

Cahiers d'études africaines

[En ligne], 163-164 2001,
mis en ligne le 21 novembre 2013, consulté le 12 mai 2021. URL : http://journals.openedition.org/ etudesafricaines/115 ; DOI : https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.115

© Cahiers d'Études africaines

Martine Dreyfus & Caroline Juillard

Le jeu de l'alternance

dans la vie quotidienne des jeunes scolarisés à Dakar et à Ziguinchor (Sénégal)

Variation dans l'usage du français et du wolof

Du discours mixte comme manifestation du plurilinguisme urbain, au Sénégal Dakar et Ziguinchor1, la grande ville du Sud casamançais, sont des pôles migratoires drainant la migration rurale. Celle-ci entraîne d'importants bras- sages ethniques qui favorisent l'émergence d'un multilinguisme aux caracté- ristiques variables dans le temps et dans l'espace. Dans la capitale, comme à Ziguinchor, le multilinguisme régional s'est recomposé depuis le début du XXesiècle et les mouvements des populations dans la ville le remodèlent sans cesse. A`Dakar, le plurilinguisme régional qui s'organisait essentielle- ment autour du wolof, du lébou et, au niveau de l'ensemble de la région du Cap Vert, du sérère, s'est recomposé autour de trois pôles fédérateurs qui sont le wolof, langue dominante du milieu, le français et les langues des migrants : essentiellement le peul, le sérère (régions du Sine et du Saloum), le manding, le diola (Dreyfus 1995). A`Ziguinchor le multilin- guisme est beaucoup plus équilibré, autour de trois langues majoritairement utilisées : diola, wolof et manding, et d'une diversité d'autres langues régio- nales également présentes en ville : peul, mancagne, manjak, créole portu- gais, balant, etc. L'expansion du wolof y est récente, son usage progresse du centre ville, commercial et administratif, à la périphérie, au mode de vie proche de celui du monde rural avoisinant ; cette langue tend à prendre la position dominante dans la nouvelle configuration multilingue (Juillard

1995).

Le multilinguisme et ses avatars formels autant que symboliques témoi- gnent d'identités, personnelles autant que collectives, composées, résultant de contacts sur des périodes variables, dans l'espace familial, la concession,

1. 1 500 000 habitants pour Dakar en 2000 et 124 000 habitants en 1988 pour

Ziguinchor.

Cahiers d'Études africaines, 163-164, XLI-3-4, 2001, pp. 667-696.

668MARTINE DREYFUS & CAROLINE JUILLARD

le village, la ville, la région. Dans le cadre d'une situation postcoloniale, communeàdifférentsÉtats africains, le pluriethnisme se restructure en ville, entre tradition et nouveaux syncrétismes, et les identitésderéférence sont plus mouvantes et enchâssées : on peut mobiliser, touràtour ou quasi- simultanément, diverses identités, qu'elles soient nationale, régionale, eth- nique et/ou villageoise, urbaine/de quartier, etc. La distinction qui s'accroît entre le monde rural et le monde urbain a pour effet de renforcer les modèles d'identificationà l'un ouà l'autre. Les jeunes urbains sont les moteurs de ces différenciations en cours. Dans le cas de l'urbanisation en Afrique, diffé- rents auteurs (Parkin 1977 ; Manessy 1995 ; Myers Scotton 1993 ; Wald

1994 ; Thiam 1994) ont mis enévidence les modifications de formes et de

fonctions linguistiques, concomitantes de cesévolutions. La coïncidence, dans le temps, des descriptions sociolinguistiques de Dakar et de Ziguin- chor, de même que la concordance de leurs objectifs et de leurs méthodolo- gies, a permis d'ébaucher une comparaison, sous cet aspect, entre ces deux villes liées par un passéhistorique commun, des liens administratifs et commerciaux, des liens migratoires surtout. Les enquêtes ont montréque la communication en ville, au Sénégal comme en Afrique en général, est souvent bilingue, voire plurilingue, que ce soit lors d'échangesàcaractère informel et ouvert en famille ou entre pairs, par exemple, ou encore dans des situations plus normalisées, rituali- sées et codifiées telles des transactions commerciales, des réunions de tra- vail, des séances d'enseignement (Dreyfus 1995 ; Juillard 1995 ; Myers Scotton 1993 ; Swigart 1992). Cette problématique de la"rencontre»des langues, d'" entre les langues», peutêtre posée à l'aide des notions de centre et de périphérie (Juillard & Wald 1994) : Dakar fonctionnant comme un modèle de la diffusion du wolof (langue nationale, principale langue véhiculaire du Sénégal et principale langue parléedanslarégion de Dakar) et du français (langue officielle) faceàla périphérie des villes secondaires, telle Ziguinchor, où s'enracine la diversitédes langues locales. Ce rapport implique aussi la vernacularisation du wolof, au centre, et sa véhicularisa- tionàla périphérie. Le modèle centre/périphérie fonctionneégalement dans la capitale, le français occupant les espaces centraux : quartiers administra- tifs, quartiers du grand commerce, sur le Plateau et dans ses environs immé- diats ; le wolof au centre de la villeégalement mais se diffusant de plus en plus vers la périphérie alors que diminue l'usage du français, et que l'on note la présence plus sensible de certaines langues locales aux marges de l'agglomération dans des quartiers de" déguerpis»et des quartiers d'habita- tion spontanée dans les zones interstitielles de la ville ouàla périphérie 2.

2. Les migrants arrivés àDakar, sans travail, occupent des quartiers" d'urbanisation

spontanée », bidonvilles centraux, proches des zones d'embauche, et peuàpeu se crée une répartition sociale de l'espace urbain, entre le Plateau, ancienne ville coloniale, et les cités de moyen standing destinéesàla bourgeoisie moderne sénégalaise, les quartiers populaires de la Médina, et de Grand Dakar, lieux d'ac- cueil des migrants et les"baraques-villes»des zones d'habitation spontanée, L'ALTERNANCE CODIQUE CHEZ LES JEUNES SÉNÉGALAIS669 A`Dakar, le wolof et le français sont souvent présentés par les locuteurs comme les langues d'intégration urbaine, les langues de la ville, et le"code mixte wolof-français»ou le"wolof urbain»

3, wolof trèsmêléou alterné

d'éléments empruntés au français et aux autres langues africaines, est, d'après les descriptions amorcées, une variétépartagée par un nombre de plus en plus grand de locuteurs y compris par ceux qui n'ont pasétéscola- risés (Daff 1995 ; Thiam 1998 ; Ndao 1996 ; Dreyfus 1999 ; Swigart 1992). Nous utiliserons désormais dans le cadre de cet article le terme de discours mixte pour prendre en compte l'ensemble des usages mélangés rencontrés

àDakar etàZiguinchor.

L'étude des répertoires linguistiques contrastés des jeunes et des adultes dakarois révèle une grande diffusion du discours mixte wolof-français auprès de la plupart des locuteurs. Une première approche de la fonctionnali- sation de ce codeàDakar peutêtre faiteàpartir de données recueillies lors d'une recherche effectuée auprèsd'enfants et d'adolescents par question- naires, entretiens et observations sur les usages linguistiques dans la famille, entre pairs et dans le quartier (Dreyfus 1995). Les langues sont dans ce type d'approche méthodologique envisagées comme des entités linguistiques distinctes, déjàconstituées, qui peuventêtre pour les locuteurs des objets de choix en fonction de différentes situations de communication. Les langues déclarées les plus souvent associées, mélangées et/ou alternées dans les interactions familiales, quelle que soit la langue d'origine des locuteurs, sont le wolof et le français. La fréquence d'emploi la plus importante se trouve dans la fratrie (39,7 % des locuteurs déclarent utiliser le wolof en alternance avec le français avec leurs frères et soeurs) puis dans les interac- tions enfant-père (31,4 % des enfants interrogésdéclarent utiliser l'alter- nance wolof-français lorsqu'ils s'adressentàleur père). Cet usage alterné ou mêléest nettement moins fréquent dans la communication entre la mère et l'enfant : 16,7 % lorsque l'enfant s'adresseàsa mère.Sil'on considère les usages, on peut relever les cas oùle wolof est langue commune des deux parents ; ceux-ci servent en quelque sorte de groupe de référence, puisqu'ils constituent non seulement le groupe numériquement dominant, maiségale- ment celui dont la langue est véhiculaire et en voie de vernacularisation dans les grands centres urbains du nord du pays. Les langues utilisées entre les parents sont, pour l'essentiel, le wolof, langue déclarée employée seule,

régulièrement" déguerpis»pas les autorités urbainesàla périphérie de la ville,

et régulièrement réinvestis par de nouveaux occupants.

3. Ces dénominations sont celles qui sont les plus couramment utilisées par les

chercheurs ayant travaillédans ce domaine au Sénégal. Le parler mixte et/ou alternéwolof/français estégalement appelé"wolof urbain»par S

WIGART(1990,

1992),"code mixte wolof français»par D

REYFUS(1995) et THIAM(1994),"fran-

colof»par D IOUF(1991) ou encore"Colonial dialogue : Language Mixing in

Dakar»par R

EINSCH(1994). Ces différentes appellations témoignent, entre autres, de la difficultéàdécrire cette variétéàpartir de pratiques discursives extrêmement variées, fortement marquées par les stratégies individuelles et les différents enjeux communicationnels des locuteurs.

670MARTINE DREYFUS & CAROLINE JUILLARD

sans alterner avec le français ni avec d'autres langues dans plus de 80 % des cas mais l'alternance domine dans la fratrie avec un usageétendu du wolof associéau français : 55,3 % des enfants déclarent alterner ou mélanger les deux langues. Le wolof urbain est déclaréutilisé"très souvent»par les jeunes, quelle que soit leur langue d'origine, et majoritairement dans les interactions qui ont pour cadre leséchanges entre pairs et leséchanges quotidiens dans les différents quartiers (relations de voisinage, transactions commerciales) : les pourcentages varient de plus de 98 % des locuteursà79 % (ce dernier pourcentage concerne des quartiers oùexistent certains regroupements de communautésd'origine peul, manding, diola ou serer ; globalement,à Dakar, la majoritédes quartiers est trèshétérogène du point de vue du peuplement). Ces usages mélangés traversent différents espaces sociaux,à Dakar, et tendentégalementàremplir des fonctions identitaires dans diffé- rents groupes de la sociétéurbaine (Swigart 1990, Thiam 1998). A`Ziguinchor,également, la pratique du mélange de langues est fré- quente et habituelle chez beaucoup de locuteurs et pénètre l'espace des langues emblématiques du groupe d'appartenance. C'est la part plus ou moins importante du wolof, voire du français, dans ce discours mixte qui crée la différence entre les usages des différentes générations en présence, des hommes et des femmes, des scolarisés et des non scolarisés. Cependant, l'affirmation identitaire par l'usage revendiqué(sinon constant) de la langue de groupe reste encore possible pour la très grande majoritédes citadins : si la concentration ethnique par quartiers ou par zones de regroupement est encore sensible en ville, c'est au centre ville que l'usage de la langue de groupe se maintient le moins. Les enquêtes réalisées par Caroline Juillard àZiguinchor ont fait ressortir tant le plurilinguisme des enfants en famille, que l'effet emblématique de la langue de groupe : si, en famille, la pratique d'usages bi- ou plurilingues est déclarée par la grande majoritédes jeunes interrogés, le wolof vient en deuxième position d'usage déclarépour la majoritédes jeunes interrogés, après la langue de groupe. On peut voir cette situation,àDakar principalement, maiségalementà Ziguinchor, comme le résultat d'une doubleévolution : le français investit des espaces sociaux jusque là réservés aux langues africaines et celles-ci pénètrentégalement les espaces sociaux traditionnellement dévolus au fran- çais (Daff 1995 ; Ndao 1996 ; Thiam 1998). Les observations faites

4confir-

ment leur présence dans l'administration et dans de nombreux autres espaces

4. Toutes les observations réalisées ces quinze dernières années, par différents cher-

cheurs, concordent. Le commentaire suivant illustre bien cetteévolution :" A` partir de 1980, le français normé n'est utiliséque dans des situations formelles d'oùla convivialitéest exclue [...]»(Daff 1995). Jusqu'à une date récente, seul le françaisétait utilisédans toutes les interactions dans l'enceinte de l'université. Aujourd'hui le wolof est aussi fréquent que le français dans les couloirs et bureaux de l'administration locale. L'ALTERNANCE CODIQUE CHEZ LES JEUNES SÉNÉGALAIS671 institutionnels oùnormalement devrait apparaître la langue officielle. L'ap- propriation du français par les locuteurs au Sénégal estàla fois liée àune pratique fonctionnelle,à l'utilisation" d'une ressource spécialiséequ'est le français institutionnel»(Wald 1994) et l'utilisation du français avec le wolof,àDakar, dans le discours mixte, traduit une appropriation"vernacu- laire». Dans ce qui sembleêtre en voie de devenir une nouvelle variété linguistique, le français, associéau wolof, remplit une fonction identitaire et le locuteur se situe alors dans un contexte"local» d'usager de cette langue. La langue française, qui fonctionnait sur un mode diglossique, pour un nombre très limitéde personnes, s'est banalisée progressivement dans la capitale, oùson appropriation s'opère actuellement de plus en plus hors du système scolaire. Elle s'est lentement popularisée, par le biais de formes moins surveillées parlées par des personnes peu scolarisées,étrangers ou autochtones, dans les situations informelles de la vie quotidienne. Le dis- cours unilingue en français reste réservéàdes situations très formelles ; il en est de même pour le discours dans la langue de groupe. Le discours bilingue tendàdevenir la norme de communication pour certains jeunes scolarisés. C'estégalement au travers de nombreux emprunts, consolidés ou spontanés, que se traduit l'importance de cette langue dans le répertoire. Faceàun unilinguisme possible, en langue de groupe, en wolof ou en français, dans certaines situations et certains rapports d'interlocution, le bilinguismeàdimension variable est un recours fréquent qui permet un positionnement interpersonnel souple ; l'usage d'éléments de wolof et de français est incontournable pour les jeunes citadins dans ce nouveléquili- brage des langues en milieu urbain, tantàDakar qu'àZiguinchor. N. Thiam (1998) souligne que"les pratiques langagières en milieu urbain font appel constant au français et au wolof, langues glottophages pour les autres langues, mais pas entre elles».Lemélange des langues est une alternative au passage de l'uneà l'autre. Quelles sont les modalités, la fonctionnalité et la variabilitéde ce mélange ? Nos illustrations de ces discours mixtes ou mélanges tels qu'ils peuventêtre saisis dans des conversations ordinaires en sont un témoignage. Ce sont les enregistrements d'interactions,in situ,qui manifestent le mieux la dynamique de la parole dans ses usages bilingues. Le mélange linguistique observéau sein des interactions est unélémentémergent porteur d'un symbolisme co-construit par les agents, et le référent de leur universquotesdbs_dbs46.pdfusesText_46
[PDF] la vie d un esclave et le serment du jeu de paume

[PDF] la vie d un migrant

[PDF] la vie d un papaillon exercice de svt

[PDF] La vie d'un marin redaction

[PDF] La vie d'un moine cistercien a Senanque

[PDF] La vie d'un soldats qui débarque en Normandie pendant la Secondes gurre mondial

[PDF] la vie d'adèle chapitre 3

[PDF] la vie d'adèle critique

[PDF] la vie d'adèle distribution

[PDF] la vie d'adèle film complet

[PDF] la vie d'adèle récompenses

[PDF] la vie d'adèle scene

[PDF] la vie d'un chevalier au moyen age

[PDF] la vie dans la rue

[PDF] la vie dans les tranchées