La méthode de l'histoire littéraire

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  • Quelle est l'histoire littéraire ?

    L'histoire littéraire est la discipline qui s'intéresse à l'évolution historique de la littérature et des œuvres littéraires, en relation avec le contexte donné d'une époque, avec l'histoire des idées, des courants et des mouvements littéraires.

  • Quelles sont les étapes de la littérature ?

    7 mouvements littéraires à retenir pour le bac de français

    1 – L'humanisme (XVIème)2 – Le baroque (XVIIème)3- Les Lumières (XVIIIème)4 – Le romantisme (début XIXème)5 – Le réalisme (fin XIXème)6 – Le symbolisme (fin XIXème)7 – Le surréalisme (XXème)BONNE CHANCE

  • Quel est l'apport de Gustave Lanson à la critique littéraire ?

    la critique ne réunissent pas tant des hommes que des textes.
    C'est bien là le point de vue fondateur de l'histoire littéraire, clairement exprimé par Gustave Lanson dans son Histoire de la littérature française (1894) : « connaître les textes littéraires, les comparer, les grouper par genres, écoles,

  • Traditionnellement, l'historien considère la littérature comme une source, et les études littéraires s'efforcent à leur manière de situer les œuvres littéraires dans leur contexte historique.
    Ces pratiques méthodologiques impliquent une convergence de fond sur ce qu'est la littérature, sa place dans le monde.
« La méthode de l'histoire littéraire », Revue du Mois, 10 octobre 1910, p. 385-413. On ne peut éluder non plus, écrit-il, une réflexion sur les frontières à fixer avec l'histoire qui étudie des évènements passés, alors que l'histoire littéraire, comme l'histoire de l'art, analyse des œuvres encore présentes.

La méthode de l'histoire littéraire
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La méthode de l'histoire littéraire

Tous droits r€serv€s  D€partement des litt€ratures de l'Universit€ Laval, 1987Ce document est prot€g€ par la loi sur le droit d'auteur.

L'utilisation desservices d'ƒrudit (y compris la reproduction) est assujettie " sa politiqued'utilisation que vous pouvez consulter en ligne.https://apropos.erudit.org/fr/usagers/politique-dutilisation/Cet article est diffus€ et pr€serv€ par ƒrudit.ƒrudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif compos€ del'Universit€ de Montr€al, l'Universit€ Laval et l'Universit€ du Qu€bec "Montr€al.

Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche.https://www.erudit.org/fr/Document g€n€r€ le 8 f€v. 2024 19:37€tudes littrairesLa mthode de l'histoire littraireAntonio CandidoVolume 20, num€ro 1, printemps €t€ 1987L'autonomisation de la litt€ratureURI : https://id.erudit.org/iderudit/500793arDOI : https://doi.org/10.7202/500793arAller au sommaire du num€roƒditeur(s)D€partement des litt€ratures de l'Universit€ LavalISSN0014-214X (imprim€)1708-9069 (num€rique)D€couvrir la revueCiter cet articleCandido, A. (1987).

La m€thode de l'histoire litt€raire. €tudes littraires, 20(1),151 172. https://doi.org/10.7202/500793arÉTUDES LITTÉRAIRES, VOL. 20 - N° 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 1987, pp. 151-172 LA MÉTHODE DE L'HISTOIRE LITTÉRAIRE antonio candido Introduction au livre: La formation de la littérature brésilienne - moments décisifs - Traduction : Flavio Aguiar Révision : Maximiliien Laroche Le texte qui suit est l'introduction méthodologique à un livre qui représente un tournant dans le développement des études littéraires au Brésil.

La première édition de la Formaçao da literatura brasileira - momentos decisivos a eu lieu en 1959.

La préface de cette première édition est datée d'août 1957.

Rédigé au moment où l'enseignement de la théorie littéraire se répandait dans les universités brésiliennes, ce livre pose en principe qu'on ne peut faire de la théorie littéraire qu'à partir de faits littéraires concrets et historiquement situés.

Mais en même temps, l'ouvrage d'Antonio Candido étudie la littérature brésilienne dans la perspective d'un désir: celui des écrivains brésiliens d'avoir une littérature.

Passionné, passionnant, gardant toujours sa finesse critique, ce livre a aussi contribué à 152 ÉTUDES LITTÉRAIRES - PRINTEMPS-ÉTÉ 1987 former le style de son époque, en abordant la littérature comme un phénomène de civilisation et en soulignant deins la critique littéraire un double aspect: celui de la réflexion et de l'intuition.

Ce livre est devenu celui de la "Formation de la critique actuelle au Brésil », et même de la formation de ceux qui n'étudient pas l'histoire de notre littérature.

Note du traducteur Antonio Candido, l'auteur de la Formaçao da literatura brasileira - momentos decisivos, a enseigné la théorie littéraire pendant plusieurs années à l'Université de Sao Paulo.

Il a publié de nombreux ouvrages de critique littéraire dont le premier est paru en 1945.

Il continue de publier des livres qui figurent au premier rang de ceux que consultent les étudiants de littérature brésilienne.

Il travaillait à la formation d'une bibliothèque latino-américaine avec le critique uruguayen Ange! Rama quand la mort a frappé ce dernier, lors d'un accident d'avion en Espagne.

Flavio AGUIAR 1.

La littérature comme système Dans ce livre, je me propose d'étudier La formation de la littérature brésilienne comme une synthèse de tendances universalistes et particularistes.

Celles-ci en effet, dès le début de notre littérature, ne se sont jamais manifestées isolément mais de manière conjointe, quel que fût le mode de leur combinaison.

Bien sûr, c'est l'universalisme qui prédomine dans les théories néo-classiques du XVIIIe siècle alors que le particularisme l'emporte dans les idées romantiques du XIXe siècle. À cause de cette divergence d'orientations et pour d'autres raisons que j'exposerai plus loin, nous allons nous arrêter à considérer ces deux périodes.

Compte tenu de la perspective que j'adopte, certains lecteurs estimeront que j'étire trop la période de formation de la littérature brésilienne dont le processus s'achève ainsi beaucoup trop tard.

D'autant plus que cela va à rencontre de ce qu'affirment la plupart des manuels d'histoire littéraire.

Je ne dirai pas le contraire.

Dans des questions comme celle-ci LA MÉTHODE DE L'HISTOIRE LITTÉRAIRE 153 tout dépend du point de vue.

J'espère seulement démontrer le bien-fondé du mien.

Pour bien saisir le sens donné ici au mot " formation » et les raisons qui me font qualifier de décisives les périodes néoclassiques et romantiques, il faut tout d'abord bien distinguer "manifestations littéraires» et "littérature proprement dite».

Le mot "littérature» doit être pris dans le sens de "système d'oeuvres reliées par des dénominateurs communs qui permettent d'identifier les traits caractéristiques d'une période.» Outre les éléments qui relèvent de la structure interne de l'oeuvre comme la langue, les thèmes et les images, ces dénominateurs comprennent les aspects sociologiques et psychologiques de l'oeuvre littéraire qui lui confèrent son historicité et en font l'expression organique d'une civilisation.

Parmi ces éléments on peut mentionner l'existence d'un groupe de producteurs littéraires plus ou moins conscients de leur rôle; celle d'un ensemble de récepteurs qui forment les divers publics indispensables à la vie d'une oeuvre; et un système de communication reliant ces producteurs à ces récepteurs, que l'on peut décrire comme un langage de base qui s'énonce en des styles différents.

La réunion de ces trois éléments fonde l'espace d'une communication interpersonnelle, la littérature, que nous pouvons définir comme un système symbolique grâce auquel les aspirations les plus profondes de l'individu peuvent se changer en moyens d'échange entre les hommes et en instruments d'interprétation de la réalité.

Quand les écrivains d'une certaine période parviennent à faire fonctionner le système que nous venons de décrire il se produit alors un événement capital: la formation d'une tradition littéraire.

Comme dans une course où l'on se transmettrait le flambeau d'un coureur à l'autre, on peut désormais voir se dessiner une trajectoire.

Ce mouvement constitue une tradition au sens plein du terme, c'est-à-dire à la fois une transmission et ce qui est transmis.

Et c'est sous ces deux formes du mode de transmission et du message transmis que des modèles s'imposent comme référence à la pensée et au comportement.

On peut accepter ou rejeter ces modèles, mais sans tradition il n'y a pas ce phénomène de civilisation qu'on appelle littérature.

Dans ce livre, la critique de la littérature se fera d'un point de vue historique.

Les textes ne seront pas pris comme des objets 154 ÉTUDES LITTÉRAIRES - PRINTEMPS-ÉTÉ 1987 isolés, sans rapport avec le contexte que nous venons de décrire.

Ils seront forcément considérés comme faisant partie d'un système articulé et comme les rouages d'une tradition, dans la mesure où ils contribuent à la production d'autres oeuvres littéraires.

Dans la phase de début d'une littérature, un tel système ne peut pas fonctionner.

Le peu de maturité du milieu social rend difficile la formation des groupes de production et de réception ou encore la création d'un langage qui s'énonce en des styles différents ou même l'existence d'un intérêt pour les oeuvres littéraires.

Il se peut qu'apparaissent des oeuvres de valeur dues à la force d'une inspiration individuelle où à l'influence d'autres littératures.

Mais elles ne s'intègrent pas dans un système. Elles n'en constituent tout au plus que les prémisses.

Ce sont là des " manifestations littéraires» plus ou moins articulées dont on a eu au Brésil des exemples tout au long de cette période de préformation qui va des origines de notre histoire jusqu'au XVIe siècle.

On peut faire entrer dans cette catégorie des oeuvres allant des "autos» et chants d'Anchieta jusqu'aux productions littéraires des Académies du XVIIIe siècle1.

Alors commence une période vraiment importante de notre littérature car toute notre vie littéraire y prend ses racines.

On verra à ce moment apparaître, outre des chroniqueurs, des hommes de lettres de la stature d'Antonio Vieira et de Gregorio de Matos2.

Le cas de ce poète illustre admirablement mon propos.

Même s'il incarne parfaitement la tradition locale de Bahia, il n'a pas existé, littérairement parlant, avant l'avènement du Romantisme alors qu'on l'a redécouvert à Varnhagen3.

On peut même affirmer que son talent n'a été vraiment reconnu qu'à partir de l'édition Vale Cabrai de 18824.

Avant cela son influence est nulle et il n'a même pas contribué à la formation de notre système littéraire.

Il était tellement tombé dans l'oubli que même Barbosa Machado, le scrupuleux compilateur de la Biblioteca Lusitana (1741-1758), qui énumère pourtant tous les Joâode Britoe Lima possible5 ne mentionne pas son nom.

Si nous voulons dégager les étapes de la formation d'un système nous fixerons notre attention sur les artisans de la première heure et sur ceux qui par la suite se signalent comme leurs héritiers ou leurs disciples.

Et nous saisirons la trajectoire de ce système en mettant au jour la manière selon LA MÉTHODE DE L'HISTOIRE LITTÉRAIRE 155 laquelle une continuité a pu s'établir entre des auteurs et des oeuvres et surtout le moment où cela a pu se faire.

Tout porte à croire que ce moment coïncide presque toujours avec la prise de conscience par les auteurs de leur intégration dans un processus de formation littéraire.

Un tel phénomène commence à s'observer dans la littérature brésilienne à partir de la deuxième moitié du XVII Ie siècle et arrive à son apogée vers la fin de la première moitié du XIXe siècle.

Il ne faut pas minimiser l'importance des groupes ou des courants antérieurs ou l'influence d'écrivains comme Rocha Pita ou Itaparica.

Mais on peut dire que c'est à partir des "Arcades»6 de Minas Gérais, des dernières Académies et de certains intellectuels " ilustrados » que l'on voit surgir un phénomène nouveau : celui d'hommes de lettres qui se réunissent en groupes organisés et qui témoignent, à des degrés divers, du désir de créer la littérature brésilienne.

Aux yeux de leurs successeurs, ces hommes étaient des précurseurs. Ainsi s'est établie une filiation de style, de thèmes, de formes et de préoccupations.

Comme il faut bien commencer quelque part, j'ai choisi pour ce début les Académies des "Seletos et Renascidos» (avec les premiers travaux de Claudio Manuel da Costa7 ).

Si je me suis ainsi fixé la date de 1750 comme point de départ, c'est bien évidemment par pure convention et pour faciliter la tâche.